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sexta-feira, 2 de julho de 2004

 
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KOUNELLIS : Nous devons nous exprimer passionnément et clairement, et proposer une perspective.
CUCCHI : Notre discussion est une forme d'urgence.
KOUNELLIS : Nous voulons commencer par une chose qui semble grotesque, surprenante, mais vraie. A mon avis, beaucoup de chose en dépendent, une bonne partie de notre malheur notamment: nous avons pris conscience du fait qu'il manque une classe fondamentale, la classe bourgeoise. Et l'on ne sait pas depuis quand elle manque: depuis la Première ou la Seconde Guerre Mondiale?
KIEFER : Est-ce que tu veux parler de la classe qui pourrait recevoir l'art?
KOUNELLIS : La classe qui donne la verticalité, qui garde la morale. Elle garantissait la création de tableaux, les frontières politiques et culturelles, garantissait la synthèse et la centralité indispensables pour quoi que ce soit.
KIEFER : Nous sommes aujourd'hui dans une situation où tout semble possible.
KOUNELLIS : Tout paraît impossible et vain. On peut tout faire parce qu'on ne peut rien faire. Il nous manque un point de vue sans passion, une confrontation sensée, une centralité. La classe qui fixe les normes n'existe plus. On ne sait pas depuis quand elle est absente, quand elle est morte et où l'on peut supposer que le carnage a eu lieu. On la discernait encore avant la Seonde Guerre Mondiale, mais on l'a totalement perdue depuis cette date. C'est la grande énigme. Quand cette classe se portait garante de la centralité et de la synthèse, elle avait aussi des valeurs morales, malgré ses énormes lacunes. On peut s'imaginer que l'histoire du tableau était étroitement liée à l'histoire de cette classe.
KIEFER : Le fait qu'il n'y ait plus de classe bourgeoise est le symptôme de quelque chose de plus profond: qu'il y ait ou non une classe bourgeoise, il existait dans les tableaux eux-mêmes un débat sur la morale et sur les limites. A cela s'est aussi ajouté quelque chose de particulier: l'Europe ne se réfère plus à elle-même. Ce n'est pas un hasard si l'Amerique est intervenue dans la Première Guerre Mondiale, et plus nettement encore dans la Seconde. La conséquence en a été que l'Europe ne se trouve plus aujourd'hui au centre du monde. Elle est devenue un archipel, un appendice de l'Asie.
KOUNELLIS : Si l'archipel est apparu, c'est parce qu'on n'a plus de conception des frontières culturelles. Sans doute la crédibilité serait-elle possible, mais ces frontières ne sont pas crédibles.
CUCCHI : Les frontières ne semblent pas crédibles, mais la possibilité de trouver une centralité est importante et nécessaire.
KOUNELLIS : Nous avons une idée sentimentale de la nation, mais la nation est absente. C'est un fantôme. Il y a un peuple, mais la nation a été vaincue. C'est pour cette raison qu'il faut tracer un chemin dramatique à travers cet archipel pour retrouver l'unité, une unité et une synthèse expressives.
KIEFER : Les structures sont en miettes. La classe qui établit les structures est absente. Et ce qui rend aujourd'hui notre métier si difficile, c'est que nous devons être les deux à la fois: nous devons fixer des lois et, simultanément, nous y opposer.
CUCCHI : L'artiste doit aussi remplacer l'aristocratie.


in Bâtissons une Cathédrale, Première Rencontre, Bale, 4 juin 1985, Jannis Kounellis, Anselm Kiefer, Enzo Cucchi.


Ammann, Cucchi, Kounellis, Beuys, Jacqueline Burckhardt, Kiefer, 1985.



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