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domingo, 27 de setembro de 2009

 
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Qu'est-ce que tous les mots nous disent en secret? Quel est le secret que nous nous passons les uns les autres en parlant?... Si nous appelons les choses d'un nom, c'est pour entendre que tout le réel est parlé. C'est sur la parole que la matière repose: la parole est la portée du temps, son portement. C'est un autre monde que nous verrions de nos yeux avec d'autres mots. Notre vue est parlée. Le visible est un renouvellement perpétuel de paroles. Rien n'est sans voix.
Rien n'est sans langage. Si le mot en sait plus que l'image, c'est parce qu'il n'est ni la chose, ni le reflet de la chose, mais ce qui l'appelle, ce qui trace dans l'air son absence, ce qui dit dans l'air son manque, ce qui désire qu'elle soit. Le mot dit à la chose qu'elle manque et il l'appelle — et en l'appelant il tient réunis dans un même souffle son être et sa disparition. Comme si ce mouvement amoureux de la parole avait appelé le monde. C'est d'une disparition que le monde apparaît; c'est en nous manquant que le réel est devant nous. L'univers est sans repos. L'espace n'est pas le champ de la matière mais le théâtre du drame de la parole. Un tombeau vide: toute la matière est restée là. La matière est parce que le langage s'en est retiré. En elle-même, la matière n'est rien. Elle n'est qu'un langage fait de choses.


Valère Novarina in Devant la parole, 1999.



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